EDITORIAL: QUO VADIS, TOURISME SENEGALAIS (suite, et, j’espère, fin)

EDITORIAL: QUO VADIS, TOURISME SENEGALAIS (suite, et, j’espère, fin)

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Editorial rédigé par Alain Goetghebuer, Consul honoraire du Sénégal en Flandre Orientale, propriétaire de l’hotel Keur Saloum à Toubacouta et grand amateur d’ornithologie

Lorsque en 2010, je me suis engagé à vous informer de l’évolution du Keur Saloum, à raison d’une parution environ tous les trimestres, j’étais loin de me douter que j’aurais pu ne pas tenir mes promesses. Cela fait pourtant plus d’un an que j’ai écrit ma dernière Newsletter, qui portait le numéro 13.

Mais pourquoi donc ai-je été si avare de renseignements sur l’évolution de notre hôtel et surtout de notre cher tourisme sénégalais?

 

La réponse est simple: Je n’ai pas voulu anticiper sur une bonne nouvelle imaginaire qui eut été de nature à fausser les règles du jeu. J’ai préféré garder le silence dans l’attente de l’avènement d’un véritable élément nouveau qui serait venu booster la destination.

 

Car, avouons-le, à part quelques (trop) timides tentatives de relancer le secteur touristique par divers moyens innovants qui auraient pu être de nature à faire redémarrer le tourisme sénégalais, le pays tout entier s’est endormi.

 

Le chômage chez les acteurs du tourisme s’élève considérablement, les ministres du tourisme se succèdent à une cadence soutenue et l’ASPT, qui est censée promouvoir le tourisme sénégalais, ne dispose que de peu de moyens financiers, ni de génie afin d’assurer la présence du Sénégal sur les marchés porteurs, malgré l’insistance du Président, Monsieur Macky Sall, qui souhaite, depuis toujours, hisser le tourisme à un niveau prioritaire des activités reprises dans son Plan du Sénégal Emergent (PSE) .

 

En un mot, le Sénégal se fait oublier du monde touristique global, pourtant en constante

croissance dans l’univers. On ne parle tout simplement plus, ou pas assez, du Sénégal dans la presse de loisirs au contraire d’autres pays voisins qui ont saisi la balle au bond.

 

Et pourtant nous assistons ces derniers mois à une « embellie » temporaire du tourisme en provenance d’Europe. Celle-ci est probablement la conséquence du calme relatif sur le front du péril terroriste contre lequel plusieurs mesures préventives ont été engagées par les autorité sénégalaises. Mais ne nous trompons pas, le danger reste bien présent.

…/…

 

2.

Mais comment rendre au Sénégal son lustre touristique d’antan….?

 

Sans nous pencher, une fois de plus, sur les causes apparentes du déclin du tourisme sénégalais (Ebola, Imposition de visas touristiques), qui sont d’ailleurs surexploitées par certains médias comme étant les causes réelles de cette perte d’attractivité, il est certain que le silence qui entoure les démarches de relance et de la promotion de la destination Sénégal est encore lourd d’incertitudes et d’hésitations sur les moyens à explorer.

 

Un fait est certain: Le Sénégal reste pratiquement absent de toute forme de promotion à l’étranger.

Pour résumer les propos émis lors de notre dernière analyse, le Sénégal, et, en particulier ses organes de développement (comme l’ASPT) conçus pour veiller à son déploiement se doivent d’investir dans la promotion du pays.

 

 

Et quels sont alors les éléments qui pourraient faire s’inverser cette tendance baissière infernale?

 

*Le principe fondamental et général est de tendre à la satisfaction du touriste, en lui donnant envie de rester plus longtemps et surtout de revenir, seul ou avec des amis, pour un autre séjour. Parce que le Sénégal est trop beau, trop étendu, et trop contrasté ou diversifié que pour le parcourir au pas de course. Et il n’est pas rare d’entendre de nombreux touristes affirmant qu’ils sont plus fatigués en rentrant de leur périple au Sénégal qu’avant d’y arriver. Combien de fois n’ai-je pas eu les confidences de personnes arrivant dans notre bel hôtel, dans le Delta du Saloum, vers 6 heures du soir et nous confier : c’est tellement beau et agréable chez vous, pourquoi devons-nous repartir demain matin à 7

heures ?

 

Comme dit plus haut, un séjour au Sénégal n’est pas une corvée, cela droit rester un privilège. Divisez fictivement la carte du pays et envisagez de revenir plus tard, du Nord au Sud, dans une autre région qui vous ravira, parce que vous aurez eu le temps de profiter de ses atouts et valeurs. Rassurez-vous, la diversité des paysages, des habitudes de vie sont multiples et diversifiés. …/…

 

3.

Vivez au rythme des Sénégalais, qui vous le rendront au centuple. Et surtout regardez-les vivre.

 

*Montrons simplement aux candidats touristes les choses qu’il y a à y voir.

Et Dieu sait qu’il y a des beaucoup de belles choses à voir dans notre beau Sénégal !

Dans tous les catalogues qui vantent les attraits du pays on met, avant tout, en avant la Petite Côte, ses plages et son farniente. D’accord que revenir bronzé de vacances confère un statut social particulier à une certaine frange des vacanciers, mais, Non, le Sénégal, ce n’est pas (que) Saly. Montrons aux touristes le vrai visage du Sénégal, qui est paré de richesses magiques et multicolores, tant au niveau de son climat, de la diversité de ses populations, que de la beauté intrinsèque de ses paysages, de sa nature incomparable, de ses sites naturels uniques, comme les mangroves et de sa faune et flore.

 

Il est impossible de revenir indifférent de ce pays aux accents si divers et multiples, que l’on peut y retourner souvent sans avoir ressenti deux fois le même sentiment.

 

*Montrons au touriste quels sont les vrais attraits du pays. –

 

Combien de visiteurs du Sénégal savent qu’il existe plusieurs colonies de chimpanzés sauvages et en totale liberté dans l’extrême Sud-Est du pays ? Il y en a suffisamment que pour faire venir plus de 100.000 touristes américains par an.

 

– Quel est le pays au monde qui peut se targuer d’avoir de si belles et vaste mangroves que celle, par exemple du Delta du Saloum, où se prélassent les lamantins, les dauphins et de très nombreuses tortues marines, sans parler de la pêche de rivière ?

 

– Et qui a déjà vu les hippopotames et les crocodiles se promener en hivernage (saison des pluies) dans la ville de Tambacounda ?

 

– Comment passer sous silence les distinctions diverses attribuées au Sénégal par l’Unesco en raison du caractère unique de ses biotopes en classant ceux-ci au rang de Patrimoine Mondial de l’Humanité ?

 

– Que penser de l’ancienne capitale au Nord du pays, Saint Louis et ses vieilles bâtisses coloniales qui ont été restaurées grâce à l’intervention de l’Unesco, des rives du fleuve Sénégal, de Gorée, de la Casamance, de tout le Sénégal Oriental jouxtant la Gambie, le Parc National du Niokolo Koba, et…bien entendu, notre belle région du Delta du Saloum ? …/…

 

4.

– Comment, encore, recenser tous les sites naturels, comme les nombreuses réserves ornithologiques, dont le Parc National du Djoudj (du troisième site ornithologique du Monde, mais visité par moins de 10.000 personnes par an, faute de publicité et à cause d’un hôtel en état de délabrement) est le plus bel exemplaire, les amas coquilliers du Saloum, le site mégalithique de Nioro du Rip?

 

– Que signaler aussi à propos de toutes les activités liées à l’éco-tourisme, l’observation animalière, la pêche sportive et en rivière, la chasse, l’ornithologie, le tourisme solidaire ….?

 

 

Je pourrais continuer ainsi pendant des pages et des pages, mais ce n’était pas le propos d’aujourd’hui.

Je m’efforce ici simplement de donner quelques idées positives aux décideurs de notre magnifique pays, qui mérite beaucoup mieux que l’état de déliquescence d’une de ses activités nationale phares vers lequel il glisse lentement mais que les acteurs principaux du secteur devraient être en mesure de redresser.

 

Ici encore, je formule un vœu: celui que le Sénégal revienne dans le bon peloton. Et il est en mesure de le faire au vu de la qualité des personnes qui se pressent à son

chevet. Et pour terminer ce chapitre, un dernier tuyau, afin de lutter contre le silence étourdissant qui entoure notre beau pays:

 

L’ASPT (Agence Sénégalaise de Promotion Touristique) ne pourrait-elle pas inviter un petit groupe de journalistes internationaux choisis avec soin, qui redécouvriraient et décriraient les beautés du Sénégal et de ses régions et feraient paraître leurs articles dans des quotidiens et périodiques majeurs de quelques pays traditionellement acquis à la cause sénégalaise.

 

L’ASPT prendrait à sa charge l’initiation du projet et du transport de ces personnes, tandis que nous, les hôteliers, nous nous chargerions de les loger et de les guider dans nos coins et décors les plus attractifs. Financièrement cet effort serait apprécié et équilibré, tant au niveau de la relance du

secteur qu’à celui des frais qu’elle engendre inévitablement.

…/…

 

5.

Quid pour l’accès du Lodge-Hôtel Keur Saloum à Toubacouta?

 

Rien que des bonnes nouvelles.

En ce qui concerne Toubacouta et notre Lodge-Hôtel Keur Saloum, il y a lieu d’être optimistes pour le trafic venant de Dakar (en plus des efforts commerciaux miraculeux réalisés par tout notre staff lors des dernières semaines), suites aux améliorations prochaines dans la région, à savoir :

 

– Avant fin 2016 : en principe, ouverture du nouvel aéroport national à Diamnadio, soit un rapprochement sensible de notre hôtel par rapport à l’arrivée de l’avion…

 

– Il est à noter que la sortie de Dakar, à partir de l’ancien aéroport, se fait déjà par autoroute à péage jusqu’à Diamnadio et qu’il sera prolongé, dans les mois à venir, jusque Mbourg.

 

– Réfection de la Nationale N° 1 entre Fatick et Kaolack : Les travaux sont en cours ; Je l’ai parcourue pour tenter de connaître l’état d’avancement du réseau. Les nouvelles sont positives.

 

– Le Président de la République, Monsieur Macky Sall nous a annoncé, lors de son discours de Nouvelle Année, la construction d’une nouvelle autoroute entre le nouvel aéroport de Diamnadio et Kaolack.

 

– Réfection en voie de finition (avant l’hivernage) de la route entre Kaolack et Sokone. Je l’ai empruntée spécialement pour vérifier le bien-fondé de l’avancement des travaux de cette route essentielle.

 

– Il semble que le bac traversant le fleuve Saloum à hauteur de Foundioune (sympathique, mais particulièrement lent) sera prochainement dédoublé d’un pont en amont du fleuve qui reliera directement Fatick avec le Delta du Saloum et particulièrement Sokone.

 

Quel bonheur pour tous; et les habitants du Delta du Saloum seront au moinschez eux, tout en pouvant rejoindre leur chef-lieu de Région (Fatick) sans perdre trop de temps. Un grand Merci, Monsieur Le Président !

 

…/…

 

6.

Apposition d’affichettes avec le nom des plantes :

 

Nous plantons de plus en plus de nouvelles variétés d’arbres et d’arbustes et autres plantes dans nos jardins. Nous essayons, en effet, de divertifier nos plantations en cherchant dans les forêts avoisinantes les essences qui nous intéressent par leur port particulier ou les belles fleurs qu’ils nous donneront au fil des saisons. Même les arbres fruitiers sont à l’honneur: divers agrumes (orangers, citronniers,

pamplemoussiers et mandariniers) et des manguiers de qualité (de race Kent), des carasols, des sapotiers , es anacardiers….

 

Afin de vous familiariser avec ces arbustes, nous avons cru intéressant de vous enfaire connaître le nom.

 

En outre, dès l’année prochaine, l’hôtel sera approvisionné d’une eau parfaitement douce, ce qui nous permettra de diversifier encore plus notre gamme de plantations. Cet apport d’eau douce sera également bénéfique pour toutes nos canalisations et robinets qui souffraient énormément d’un usure précoce due à la légère salinité de notre eau.

Pomme et noix d’anacardier Hibiscus Cassia Allata

Petit écureil palmiste au biberon d’eau

…/…

 

7.

 

Tournage partiel à l’hôtel Keur Saloum d’un film long métrage :

« Cessez le feu », en Janvier 2015, d’Emmanuel Courcol avec, entre autres Romain Duris et Céline Sallette.

 

Il s’agit d’une co-production franco-belge, dont la sortie est prévue en 2016. Les scènes sénégalaises sont tournées au Burkina Fasso et à Keur Saloum et à Toubacouta sur le fleuve, ainsi quà l’Ile aux Coquillages..

 

Thème : De retour d’Afrique, où il s’était réfugié pour fuir les mauvais souvenirs de la Première Guerre Mondiale, Georges, un ancien soldat, retrouve la France, sa Mère et son frère, Marcel.

Ce dernier est invalide de guerre ; il est sourd, à la suite d’un traumatisme. Petit à petit, Georges se reconstruit grâce à Hélène, professeur de langue des signes.

 

Nous vous tiendrons au courant de la première projection du fil

 

Lors d’un des derniers passages dans les bolongs du Saloum, nous avons rencontré, avec un plaisir énorme, un groupe important de Flamants roses sur une vasière de Missirah. Il s’agit d’un premier

constat en plus de 20 années. Il s’agit probablement d’oiseaux migrateurs en provenance du Sud de l’Europe.

 

…/…

 

Par courrier séparé, nous allons demander à Madame Camara, quiest la Responsable du Service Régional du Tourisme de Fatick, de créer un nouveau label de qualification des hôtels du Sénégal qui

insiste sur le SILENCE, à l’instar des fameux «Relais du Silence» bien connus en France et dont l’Hôtel Keur Saloum peut parfaitement se targuer de par sa position dominante et isolée sur le

rocher de Toubacouta.

 

Nous vous tiendrons, dans notre prochaine Newsletter,au courant de la réponse de

Madame Camara.

 

N’oubliez pas de consulter notre nouveau site internet, richement illustré.

Notre adresse : www.keursaloum.com

Par Alain Goetghebuer

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