La mangrove, un trésor naturel

La mangrove, un trésor naturel

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Claquement des huîtres accrochées aux racines, cliquetis mouillés des armés de crabes qui arpentent les vasière d’un pas martial, pinces en avant, rebond des banc de mulet à la surface de l’eau, clapotement des périophtalmes, poissons emblématiques de la mangrove… Cachée dans la vase profonde, le long des racines profondes et des branches, la vie palpite, discrète et pourtant bien présente.

A l’interface entre le milieu marin et le milieu continental, la mangrove est un écosystème fait d’un assemblage de micro habitat et d’espèces. Elle est l’un des milieux les plus riches de la planète.

Barrière végétale impénétrable pour les grands prédateurs, la mangrove offre un abri aux poissons et crustacés qui viennent se reproduire en grand nombre. Alevins et juvéniles grandissent en toute tranquillité entre les racines de palétuvier. Il a été étudié dans le Saloum que la mangrove offre un refuge à 127 espèces de poissons dont les trois quart viennent pour se reproduire. La mangrove assure ainsi le renouvellement des poissons et des crevettes qui à l’âge adulte, rejoindront la pleine mer.
Les marées rythment la vie des oiseaux. Les tournepierres, courlis, chevaliers, gravelot et autre limicoles colonisent l’ensemble de la zone intertidale. A marée basse, l’activité est intense. De leur bec, ils fouillent inlassablement sous les racines à la recherche de crabes, de coquillages et de vers. A marée haute, le petit peuple de la vase vient se percher sur les palétuviers, ou se repose plus loin sur les tannes désolés. Plus haut, c’est la cohue dans les racines et dans les branches. Les piscivores, martins pêcheurs, hérons, aigrettes, se tiennent à l’affut, tandis que pélicans gris et blanc, se gavent de grosses proies à l’embouchure des bolongs. Parfois l’ombre gigantesque d’un goliath, le plus grands des hérons frôlent les arbres.
Situées en plein cœur des régions arides sahéliennes de l’Afrique de l’ouest, les mangroves du Sénégal, sont des zones humides vitales dont dépend la migration des oiseaux. Celle du delta du sine Saloum, déjà inscrite en réserve de la biosphère et protégée par un parc national est le troisième site côtier d’importance ornithologique de l’Afrique de l’ouest, après le banc d’Arguin en Mauritanie et l’archipel des Bigagos en Guinée Bissau.

Aire marine protŽgŽe du Bamboung

La vie est un peu plus difficile pour les mammifères. Les singes vervet attendent l’aube ou le crépuscule pour descendre des arbres et venir étancher leur soif dans les bolongs. Le ricanement des hyènes trouble les nuits, tandis que dans l’eau apparait un museau aux deux narines largement ouvertes pour disparaitre aussitôt. Lemar! Un lamantin endémique à l’Afrique de l’ouest fait parfois une brève apparition dans les eaux de la mangrove.
Bernadette Gilbertas

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